Revue de presse

« une méditation fascinante sur la mort conçue par la chanteuse et spécialiste Katarina Livljanic… Dans une danse entre morts et vivants, la musique a dû être recomposée, en utilisant des manuscrits médiévaux et la tradition orale, et des instruments dont le rébec, le gusle et le dvojnice. Les chants eux-mêmes sont musicalement vigoureux, particulièrement dans le style ganga, un style polyphonique extrêmement dissonant venant de l'arrière pays dalmate… un rituel alternant des chants solo et des interludes chantés par un choeur, avec une mise en scène de Sanda Herzic qui utilise efficacement les allées de la chapelle et le choeur. La voix pure de K. Livljanic avait un pouvoir incantatoire, en particulier dans une lecture du Livre de la Révélation, et il y avait une énergie dans le chant de Kantaduri qui contrastait avec leur posture monacale… »

David Allen, The New York Times

«  Le résultat est époustouflant. (…) La partition, composée sur la base de notations musicales fragmentaires enrichies d'un folklore toujours vivace, révèle une démarche cohérente et d'une radicale originalité. Impressionnante dans sa sobriété, qui exalte un clair-obscur étoffé par le splendide travail des lumières, la composition insiste sur les contrastes entre voix d'hommes et de femmes (…). Mystique moins cérébrale qu'organique, illustrée par les voix puissantes à la respiration profonde, dans la tradition orthodoxe, des chanteurs du choeur Kantaduri, alternant riches polyphonies et incantations sauvages. Entre choeur d'hommes grondant et claire voix de femme, le dialogue se noue avec solennité, pudeur et dignité. » 

Les Dernières nouvelles d'Alsace

"La grandeur des Anges Hérétiques ne réside pas dans une présentation d'une heure de langues anciennes, de croyances, de mantras et de musique. Son importance réside dans le fait que la spécialiste de musique médiévale Katarina Livljanic, son ensemble Dialogos et l'ensemble Kantaduri ont essayé - et très bien réussi - à conduire le public au commencement même de l'humanité."

"Mme Livljanic a créé une épopée de magie et de révélation. C'était le grand philosophe français Antonin Artaud qui écrivait de manière si expressive sur le théâtre en tant que magie – gestes magiques, mots magiques et musique de la terre. Il utilisait comme exemple le théâtre balinais, qui précède à la fois l'Hindouisme et l'Islam. K. Livljanic a créé une religion liturgiquement antédiluvienne. Et ceux d'entre nous touchés par son sort extatique ont entraperçu un peu du Souffle Divin qui bat silencieusement en chacun de nous."

Harry Rolnick, ConcertoNet.com

Tel Atlas portant le monde, la voix de basse de Milivoj Rilov dont le bourdon et le timbre typiquement slaves offrent une richesse incommensurable d’harmoniques, élève les voix balkaniques de Josko Caleta, Niko Damjanovic et Srecko Damjanovic au sommet – ces voix nées de la rencontre entre les plus fines subtilités des inflexions orientales, la profondeur des harmoniques slaves et l’agilité chaleureuse des voix méditerranéennes. Seule voix féminine, Katarina Livljanic dédie pleinement son chant prosodique à l’émotion incantatoire qu’elle puise dans l’antre des grimoires du Moyen-Âge tardif et de la Renaissance. Finalement, contraste des plus saisissants, Jure Miillos chante – s’accompagnant de la gusle – la toute-puissance de la voix aigüe et gutturale qui n’est pas sans évoquer l’intensité vocale si chère à la tradition ottomane.

Comment ne pas être saisi par ces Anges hérétiques de Diiallogos & Kantadurii venant prodigieusement panser la clef de voûte de l’Orient et de l’Occident – origines de la civilisation balkanique – perdue dans les limbes de l’oubli.

Mélanie Defize, Forum Opéra

Comme tous les projets de Katarina Livljanic, le programme "Les Anges Hérétiques" n'est pas un concert ordinaire de musique ancienne, mais un spectacle mûrement créé qui touche les oreilles, les yeux et l'âme du public d'aujourd'hui à travers des textes médiévaux. Les voix s'entrechoquent et se brisent, rudes comme des montagnes rocailleuses, comme des âmes qui crient, tiraillées entre la vie et la mort, la terre et le ciel, le temps et l'éternité. La séquence "Dies irae" chantée en langue archaïque à la manière traditionnelle bosniaque, est à vous glacer le sang.Tout est extraordinaire dans ce programme. Katarina Livljanić, Dialogos, Joško Ćaleta, Jure Miloš et Kantaduri nous rappellent un monde primitif, originel, rude, mais non moins important, fort, beau et émouvant : il est porté par une musique et une langue d'une sagesse supérieure. Ces musiciens ont réveillé et bouleversé de nombreuses âmes.

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